Le Courrier Boulgakovien

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De son vivant Mikhaïl Boulgakov a écrit beaucoup de lettres : à sa famille, à ses amis et même à Staline !

Il pourra désormais connaître l’avis de ses lecteurs du 21ème siècle en se connectant sur notre site. Croyez-moi, il sera comment procéder et il se pourrait même qu’il vous réponde ! Alors, si vous voulez tenter cette expérience au-delà du réel, n’hésitez pas à nous envoyer vos avis pour qu’ils soient publiés sur ce site.

Nous n’avons pas de Comité de Censure mais nous tenons à vous informer que toute critique non argumentée sérieusement sera transmise directement au BMDCAN (Bureau y en a Marre des Critiques à la Noix) dirigé d’une patte de fer par l’illustre et redoutable Kot Begemot. Les conséquences peuvent être cauchemardesques pour l’auteur de la lettre qui se retrouvera entre les griffes du susnommé félin. Pour ceux qui ont déjà lu Diablerie, cela se traduit par être dans la même situation que le camarade Korotkov…

Si vous ne connaissez pas Diablerie, le BASPPED (Bureau d’Assistance à Sociétaire possiblement ou très prochainement en Danger) vous enverra un exemplaire gratuitement (cochez la case correspondante sur le bordereau d’adhésion!). Nous pensons que cette initiative nous aidera à être reconnus d’utilité publique...

A vos marques ! Ecrivez !

 

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Lettre n°1

Cher Mikhaïl Boulgakov,

C’est avec une joie immense que je vous écris ces quelques lignes pour vous exposer mon avis (très court) sur « Les Œufs Fatidiques ».

Je sais que ce message va surement finir au BMDCAN. Pas la peine de m’envoyer un exemplaire de « Diablerie ». Je sais parfaitement ce qui est arrivé au camarade Korotkov…

En faisant au préalable le signe de la croix, je vous dis franchement que la fin des Œufs Fatidiques laisse un goût, voire une odeur... d’œufs pourris ! Décevant… (si quelqu’un peut m’aider à quitter le pays, c’est le moment ou jamais !). Vous nous faites espérer une fin époustouflante puis rien du tout. C’est clair, je n’ai pas d’arguments purement littéraires mais c’est mon avis de lectrice. Point final.

Cordialement,

Mademoiselle Sophie

Paris, Avril 2015

Réponse de Mikhaïl Boulgakov :

Chère Mademoiselle Sophie,

Tout d’abord, je vous remercie d’avoir lu « Les Œufs Fatidiques ».

Je suis entièrement d’accord avec vous et d’ailleurs, avant d’être de ce côté-ci, j’avais exprimé ne pas être à 100 % content du résultat.

Sachez que vous n’êtes pas la seule à ne pas avoir aimé la fin de cette œuvre. Gorki ne l’a pas aimée non plus. Voici ce qu’il écrivait à M. L. Slonimski le 8 mai 1925 : « Boulgakov m’a énormément plu, mais il a mal terminé son récit. Il n’a pas utilisé l’attaque des reptiles contre Moscou. Pourtant quel tableau prodigieusement intéressant cela aurait pu faire ! »

Malheureusement, ce qui est fait est fait !

Amitiés,

Mikhaïl Boulgakov, Paris 2015

P.S. : A tout hasard, vous n’auriez pas une voix...de canari?

 

Réponse du BMDCAN:

Je me faisais une joie d’inaugurer les activités du BMDCAN avec notre charmante Mademoiselle Sophie mais je dois admettre que je suis du même avis que ce petit canari…

Si le Maître avait eu l’idée de me faire apparaître dans ce récit tel un gigantesque félin (effet garanti avec un chat noir) assoiffé de SANG (si pas de sang, va pour la vodka), j’aurais pu ajouter ce zeste de chose époustouflante tant désirée par notre chère Mademoiselle Sophie. Cette fin aurait pu être sans nul doute mémorable. D’une frayeur jamais égalée ! Des coups de griffes en veux-tu en voilà, des…

-Oui. Oui, Maître. Mais…Vous savez…Assurément, mais je voulais...D’accord, mais…J’arrête. Au suivant !

Kot BEGEMOT

Chef du BMDCAN

Paris, avril 2015